Mon coeur, mon stress, ma santé
Par le Prof. Christophe Scavée, Cliniques Universitaires Saint-Luc, Bruxelles.
Malgré les progrès de la médecine, les maladies cardiaques restent une cause majeure de décès et s’accompagnent d’une augmentation des facteurs de risque (hypertension artérielle, taux de cholestérol élevé, surpoids et obésité, ou sédentarité, pour n’en citer que quelques-uns). Il existe toutefois aussi des facteurs insoupçonnés qui causent d’importants dommages. La pollution ou le stress, par exemple.
Notre société est devenue extrêmement angoissante, comme nous le rappellent l’actualité internationale et la multiplication des conflits. Depuis la pandémie de COVID-19, les risques liés au stress pathologique et à l’anxiété sont profondément ancrés dans la vie quotidienne des Belges, quel que soit leur âge. Les troubles psychiques, tels que la dépression, le syndrome de stress post-traumatique ou le trouble bipolaire, jouent toutefois un rôle important dans les maladies cardiaques.
Près d’un patient sur cinq admis à l’hôpital pour un infarctus du myocarde souffre de dépression, qui passe souvent inaperçue car elle n’est pas dépistée ou n’est pas reconnue.
Tout comme de nombreux autres troubles psychiques, la dépression augmente le risque d’accidents cardiaques et aggrave le pronostic. D’autres troubles psychiatriques sont également associés à une apparition plus précoce des maladies cardiovasculaires : ainsi, les patients atteints de schizophrénie peuvent subir une crise cardiaque jusqu’à 10 ans plus tôt que les autres. Le stress, l’anxiété et divers troubles psychiques favorisent également les facteurs de risque classiques tels que l’hypertension artérielle, le diabète ou un taux de cholestérol élevé, car lorsque l’esprit ne suit plus, on se tourne vers le sucre et ses faux effets apaisants.
Mais les effets néfastes d’une santé mentale perturbée ne s’arrêtent pas là : ils entraînent également des perturbations biologiques, telles que des inflammations chroniques, un stress oxydatif et une tendance accrue à la formation de caillots sanguins. Le stress psychologique rend également l’organisme plus vulnérable aux agressions aiguës, ce qui peut provoquer une crise cardiaque.
Il est donc essentiel de mieux dépister et traiter les troubles psychiques, car leur prise en charge pourrait réduire le risque d’infarctus du myocarde et améliorer les chances de survie.